Jordan a été au centre Paul Dottin, il avait juste 7,5 mois. Nous venions d’apprendre son handicap et c’était la seule façon que nous avions de l’aider.
Il y va depuis le 18 juin 1998 et au début, c’était dur pour lui et pour nous.
Il y fait 45 minutes de rééducation motrice 2 fois par semaine, 30 minutes d’orthoptie et jusqu’il y a un an, 1 h d’orthophonie pour apprendre à manger. Maintenant, 1 fois par semaine, il reste 2 h 15 avec les éducatrices et y prend également le repas de midi ce jour là.
Côté nourriture, Jordan n’a aucun problème, il sait déglutir et manger … il aime ça ! C’est un gros mangeur.
Lorsque nous sommes arrivés au centre, c’était impressionnant, nous étions mentalement seuls, mais assistions à toutes les séances. Nous n’étions pas prêts à laisser Jordan tout seul, et je restais dehors le jeudi, mais j’étais là.
Les rapports avec le personnel sont bons, mais si on parle de tout autre chose que ce que le centre peut fournir, le dialogue se ferme totalement. Ce n’est pas toujours facile de se faire entendre et surtout d’être entendu.
Jordan n’ayant aucun traitement quelconque, et hormis les séances au centre 2 fois par semaine, il a une vie des plus ordinaires.
Nous l’avons et l’emmenons toujours partout, que ce soit au restaurant, faire les boutiques en ville, même au cinéma, bien sûr on va voir un dessin animé, Pokémon au cinéma, il a adoré. Si on décide d’aller au musée, il est présent. Lorsque l’on va faire les courses, il est dans le caddie, si on décide de boire un verre il est là, nous le laissons se déplacer assis partout, c’est sa façon d’être autonome et le regard des gens n’est pas forcément mauvais. Jordan fait son petit bout de chemin, nous avons toujours un œil tourné vers lui, mais il est indépendant et va à sa guise …. Dans ces moments là, je lui dis « Allez, va faire ta vie » et il rigole et continue à avancer…
Dans les jardins publics, on lui fait faire du toboggan, du tourniquet, quel plaisir pour lui d’être avec d’autres enfants et de partager des moments semblables. Il veut être avec les autres, c’est un enfant.
Il va jouer avec son frère et sa sœur, au ballon sur la place en haut de la maison. C’est la mascotte du quartier, il aime sortir avec eux. Son frère lui apprend à tirer dans le ballon, ce n’est pas encore ça, mais leur complicité les aidera à y arriver. Nous avons une boulangerie. Au magasin, il vient voir les clients, pour montrer qu’il est là, tous les clients le connaissent, il leur sourit tout le temps, Jordan mène une vie comme les autres enfants valides et il est bien dans sa peau.
Mise à jour du 01/03/2006 :
Jordan est maintenant suivi au CMPP et va chez le kiné en libéral, avec qui il s’entend à merveille d’ailleurs. Le kiné a bien voulu prendre Jordan pour son suivi psychomoteur. Jordan lui fait beaucoup de câlins et ne veut d’ailleurs jamais le quitter.
Jordan vient de commencer une nouvelle méthode avec sa nouvelle orthophoniste, il apprend la méthode des pictogrammes et s’adapte bien à cette méthode en image qui lui permettra de communiquer avec tout le monde. Cette méthode consiste à ce qu’il prenne l’image correspondant à ce qu’il veut, afin de la donner à la personne à qui il veut demander par exemple du « pain » et on lui donne le morceau de pain demandé quand il nous a donné l’image. Jordan applique cette consigne comme un jeu qui l‘amuse beaucoup d’ailleurs et s’en sert à l’école à l’heure du goûté.
Howard, le meilleur ami de Jordan depuis qu’il a vu le jour, nous a quitté le 2 juillet, il allait avoir 16 ans. Mais Jordan a eu un gros manque, il ne voulait que son chien.
Un deuil est déjà très difficile à vivre pour nous, les adultes, alors comment expliquer à Jordan ce qui venait de se passer quand il voyait tout le monde pleurer.
A la maison, le mardi en soirée, lorsque je suis rentrée de chez le vétérinaire seule, car Howard été resté en observation pour la nuit, il a pleuré à chaude larmes, je savais que mon fils avait mal. Comment faire afin de l’apaiser un peu ?
Le lendemain matin, entre 9h30 et 10h00 c’était fini et là je n’avais plus le choix, il fallait lui dire qu'il ne le reverrait pas. Jordan comprend tout mais il fallait lui expliquer ou était parti Howard. Alors, je l’ai pris dans le jardin, sur mes genoux et je lui ai dit de regarder le ciel. Que le soleil c’était Howard et que la nuit, ou le soir, il pourrait lui faire coucou en regardant les étoiles.
On lui a dit aussi que lorsqu'on mange, Howard mange, qu’il joue avec d’autres chiens là haut dans le ciel et que lorsqu'on va se coucher, il y va aussi.
Parfois, il regarde vers le ciel de la fenêtre et dit « coucou » à son chien.
Diesel : Quatre jours après le décès d’Howard, nous sommes parti à la SPA, nous n’y avons pas trouver un chien de petite taille, alors nous avons cherché et sommes partis voir des bouledogue français. Diesel nous a apprivoisé et nous avons décideé de partager notre vie avec lui. Diesel est adorable avec Jordan, il aime quand il lui fait la fête, il se tient sous la chaise de Jordan quand nous sommes à table et aime aller le chercher à l’école. Il ne partagera sûrement jamais les mêmes choses qu’avec Howard mais ils auront d’autres moments remplis d’amour et de fous rires. Comme Jordan aime en avoir avec ses amis chiens.
Maintenant ils sont heureux tous les deux et aiment être ensemble. Quand Jordan regarde la télé, Diesel aime être couché à ses côtés.